5 Bonnes Histoires Le Vendredi - 16 janvier 2026
Cette semaine, une BD sur le déclassement, une série sur le soupçon, un doc sur la solitude des geeks, une pièce de théâtre sur la culpabilité et un livre jeunesse farfelu à base de 3.
Voici les 5 bonnes histoires du vendredi, sélectionnées avec soin et attention par Yannick Lejeune et Michael Cesneau, l’équipe de La Machine à Ecrire.
PS : si vous l’avez raté, un nouvel épisode de notre podcast est sorti fin 2025.
Une BD pour compter ses sous
Dans une supérette vide, Florence hésite entre deux boîtes de conserve. À vingt ans, elle, issue d’une famille bourgeoise, ne fantasme plus sur la précarité des héros de romans : elle est réellement devenue pauvre. Jeune et fauchée chronique son basculement brutal : pour fuir le contrôle maternel à ses 18 ans, la jeune femme a choisi l’indépendance plutôt que l’argent parental. S’ensuit une survie âpre, entre colocation insalubre, faim, petits boulots minables et maternité sous tension. Le trait nerveux épouse le réel : peur des factures, du froid, système avilissant, famille déconnectée. Entre Zola et Sattouf, Dupré La Tour poursuit son exploration autobiographique avec lucidité et sans pathos, mais avec un style bien à elle. Un album qui prend aux tripes, dur et formidable à la fois.
Jeune et fauchée de Florence Dupré La Tour chez Dargaud
Une série pour enquêter sur ses proches
His & Hers, mini-série Netflix en six épisodes, installe son huis clos moite à Atlanta où un ex-couple enquête sur le meurtre d’une femme. Thriller conjugal autant que polar psychologique, il y oppose Jack, flic usé (Jon Bernthal), à Anna, journaliste frustrée (Tessa Thompson). Et les deux étant liés à la victime, leur recherche de vérité va les mener à se soupçonner mutuellement… Adaptée d’un roman d’Alice Feeney, la série distille sa tension avec précision. Dee Johnson (The Good Wife) dissèque souvenirs, pouvoir et blessures intimes. Cela donne une série formidablement incarnée, qui séduira les amateurs de thriller et de tensions humaines. À noter qu’on préfère un peu la « première » fin…
His & Hers de Dee Johnson, sur Netflix
Un documentaire sur la solitude de grands joueurs
Dans une salle d’arcade de Los Angeles, Eddie Esguerra joue seul à Time Crisis II en mode 2 joueurs. Ce court documentaire dresse son portrait avec rythme et tendresse. Eddie, modeste mais virtuose, incarne l’état de « flow », cet oubli de soi dans la pratique. La caméra alterne entre la frénésie du jeu et le calme du joueur, révélant un contraste saisissant : ce qu’il vit de l’intérieur n’est pas ce que les autres voient. Pourtant, derrière ce décalage, le film esquisse une émotion plus profonde — la solitude d’un homme qui, à force de maîtriser un jeu pour deux auquel plus personne ne joue, en a fait un art solitaire. Jusqu’à ce qu’un autre miroir s’ouvre : celui des réseaux sociaux. Devenu une légende locale grâce à TikTok et Instagram, Eddie trouve peu à peu une forme de reconnaissance. À l’ère du numérique, une passion marginale peut-elle créer du lien ? C’est toute la question de ce documentaire geek.
Time Crisis: The Story of Arcade Legend Eddie Esguerra de Brooke Palmieri et Zac Weathers sur Youtube
Un pièce pour un drôle d’héritage
Un grenier, un tableau signé « A. Hitler », et une fratrie confrontée à un héritage brûlant. Dans Nocturne, pièce radiophonique de Marius von Mayenburg diffusée sur France Culture, Nicole, Philipp et Judith découvrent un passé encombrant en vidant la maison familiale. Faut-il vendre, cacher ou brûler ce legs inattendu ? À travers des dialogues tranchants et un humour noir, l’auteur interroge la mémoire collective allemande, la banalisation du mal et l’appât du gain. La mise en voix, captée à La Mousson d’été, donne chair à ces tensions morales. Si vous avez aimé Le prénom, en voici la version « héritage malsain » forte d’un écriture cinglante, assassine et profonde à la fois.
Nocturne de Marius von Mayenburg, sur France Culture
Un livre jeunesse pour partir dans tous les sens
Sur scène, le maître de cérémonie s’apprête à célébrer le chiffre 3. Mais une souris sceptique et un singe fantasque perturbent le spectacle : pourquoi le 3, et pas les ornithorynques ou les chiens-saucisses, ce serait quand même mieux, non ? L’incroyable histoire du chiffre 3, album illustré signé Danielle Chaperon et Agathe Bray-Bourret, devient une farce savamment orchestrée, où les digressions remettent tout en question : la logique, l’autorité et la narration. Entre humour, apartés et chaos contrôlé, texte et images célèbrent la curiosité et l’esprit de contradiction avec une énergie communicative. C’est extrêmement farfelu, joyeusement foutraque : les petits et les grands vont adorer !
L’incroyable histoire du chiffre 3 de Danielle Chaperon et Agathe Bray-Bourret, chez Monsieur Ed
Un nouvel épisode de La Machine à Ecrire est arrivé !
Dans cet épisode, nous partons à la rencontre d’autrices de talent, Audrey Faulot et Chloé Vollmer-Lo, qui reviennent avec nous sur la conception de leurs premiers romans.
Audrey Faulot est une véritable amoureuse de l’histoire et des mots. Agrégée de lettres modernes et spécialiste de la littérature du XVIIIe siècle, elle enseigne à l’université quand elle n’écrit pas des romans jeunesse. Son 1er roman, La Clé des champs, a reçu le Prix du Premier Roman Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama. Depuis la rentrée, elle est de retour en librairie avec son 2e roman, Moonwalk, une comédie familiale et fantastique sur un jeune héros qui doit sauver sa mère du rajeunissement.
Chloé Vollmer-Lo est une artiste aux multiples facettes. Issue du théâtre, photographe de métier et autrice, elle possède un œil unique pour capter l’intime. Sa 1re incursion dans l’écriture scénaristique s’est faite à travers la BD L’Apocalypse selon Magda, dessinée par Carole Maurel. Elle nous revient avec son 1er grand roman, L’Institut du nouveau lendemain, les visages du feu aux Editions Nathan, le tome 1 d’une dystopie féministe glaçante en huis clos.
Deux autrices, deux univers, une grande amitié et un talent unique pour explorer la psychologie des personnages et construire des univers immersifs. Avec elles, nous décortiquons leur passion commune pour l’écriture et retraçons les premières étapes de leur carrière d’écrivaine.
Alors...
Comment démarre-t-on l’écriture d’un roman quand on vient d’autres univers ?
Comment affronte-t-on la page blanche et le fameux syndrome de l’imposteur ?
Comment trouve-t-on sa propre voie pour se détacher de ses influences ?
Comment construit-on le mystère et le suspense pour tenir le lecteur en haleine, que ce soit dans une dystopie sombre ou une comédie familiale ?
Quelles sont les différences d’écriture entre la littérature jeunesse et le Young Adult ?
Comment trouve-t-on son premier éditeur ?
C’est à toutes ces questions et à bien d’autres que nous répondons dans cet épisode.
Bonne écoute !
Liens d’écoute : https://smartlink.ausha.co/la-machine-a-ecrire/premiers-romans-audrey-faulot-chloe-vollmer-lo
Crédits photos : Léa Schneider
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5 bonnes histoires, c’est la sélection hebdo de récits intéressants, émouvants, passionnants découverts dans la semaine par l’équipe de La Machine à écrire, le podcast de celles et ceux qui créent des histoires.
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